Dans la presse

   
 

Angoulême
La vie cousue au fil des marionnettes Première représentation cet après-midi
La marionnettiste qui joue « Le Charmeur de serpent » au théâtre de Poche est une Angoumoisine basée à Lyon, qui se partage entre Guignol et la tradition indienne.

« Quand on met le nez dedans, on s’aperçoit que la marionnette, c’est un continent. » L’Angoumoisine Aurore Bodin, née en 76, a mis le nez dedans il y a environ douze ans, après avoir touché au théâtre au collège Jules-Verne, au lycée Guez-de-Balzac et au conservatoire d’Angoulême. Après avoir entamé des études en Histoire de l’art, être entrée à l’école du Louvre. Et s’être rendue compte que les musées, vers qui elle se destinait, n’étaient vraiment pas son monde.
Elle avait alors 22 ans, suivait des cours de théâtre à Ivry et son père, le comédien Daniel Crumb, lui avait proposé d’assurer des visites guidées animées à Saintes. En réfléchissant à ce qu’elle allait proposer pour ces visites, soudainement, la marionnette est apparue comme une évidence. Accrochée, elle a tiré ce fil.

« Le Charmeur de serpent » est un spectacle de marionnettes à fils de tradition indienne. Leur particularité est d’être animées directement avec les mains et non pas à l’aide d’une croix de bois. Les fils sont passés comme des bagues autour des doigts. « Plus je pratique cette technique, plus elle m’enchante. Elle laisse le champ possible à toute la finesse de la main », explique Aurore Bodin, la marionnettiste (lire son parcours ci-contre).
Cela donne aux personnages des mouvements très souples, très fluides, très précis. « C’est très hypnotique comme technique », remarque Aurore Bodin, qui a créé le spectacle avec de véritables marionnettes indiennes. « Et ça ne fait pas peur », ajoute-t-elle. Pour ces deux raisons, le spectacle, qui a plusieurs niveaux de lecture, peut être vu à partir de 3 ans. L’histoire est tiré d’un conte traditionnel du Rajasthan. Il s’agit d’un charmeur de serpent qui va se retrouver prisonnier d’une reine. Celle-ci a banni la musique de son royaume. Le charmeur de serpent, grâce à son courage, va ramener la joie dans le pays, tout en gardant sa liberté. « Il refuse la richesse pour garder sa liberté de musicien, c’est assez joli. »
EN PRATIQUE
Première représentation cet après-midi à 16 h au théâtre de poche Michel-Bélézy, rue Hergé. Ensuite, mercredi 22 février à 16 h, dimanche 26 février à 16 h, mercredi 29 février à 15 h, 7 mars à 15 h et 10 mars à 16 h. Tarif non-adhérent : 6 €, enfant et adulte. Tarif réduit adulte sur présentation d’une carte Pôle emploi, Cesam etc. 4,50 €.

« Beaucoup de chance »
« Dès que j’ai eu trouvé ce moyen d’expression, le travail a suivi. J’ai eu beaucoup de chance, résume la jeune femme. À Paris, on m’a proposé de travailler sur un spectacle d’ombres, une BD projetée. Étant Angoumoisine, cela me touchait. Le spectacle fut un flop, mais il m’a permis de devenir intermittente et d’entrer dans le réseau des marionnettes. »
Depuis lors, elle explore ce continent, dans un grand mouvement de balancier entre la marionnette contemporaine et les techniques traditionnelles. Celle de Guignol - elle travaille dans l’un des plus vieux théâtres de Guignol lyonnais - et celle des marionnettes à fils de l’Inde, qu’elle a adoptée.
C’est cette dernière technique, toute de fluidité, qu’elle utilise dans « Le Charmeur de serpent », l’adaptation d’un conte indien qu’elle joue avec sa compagnie, L’Œil du cyclope, au théâtre de marionnettes d’Angoulême pour six représentations, à compter d’aujourd’hui.
Dans un premier temps, à partir d’Ivry et du réseau parisien, c’est surtout le monde de la marionnette contemporaine qu’elle a parcouru. « Il s’agit de marionnettes vraiment proches du théâtre, avec du texte », précise encore Aurore Bodin.
Retour aux fondamentaux
« J’ai essayé plein de choses. C’était super, résume l’artiste. Mais j’ai eu l’impression qu’il fallait que je revienne aux fondamentaux. » C’est-à-dire des types de marionnettes traditionnels qui ont « un répertoire, des textes anciens qu’il faut faire vivre. Souvent, c’est ce qui manque à la marionnette contemporaine », pointe la jeune femme. Dans son cas, après des hauts et des bas, ce « retour aux fondamentaux » a pris deux visages : une plongée dans la tradition indienne suivie d’une autre dans celle, lyonnaise, de Guignol.
En Inde, elle s’est formée au kathputli, la marionnette à fil indienne, qui a la particularité de ne pas avoir de croix (lire ci-contre). Au retour, marionnettes sous le bras, mais plein de doutes - avait-elle le « droit » d’utiliser une tradition qui n’est pas la sienne ? -, elle travaille au Musée gallo-romain de Lyon, où elle finit par proposer des ateliers marionnettes sur l’Odyssée. D’où le nom de sa compagnie, L’Œil du cyclope.
La question de la tradition
Elle mène aussi un beau projet de spectacle de prévention du Sida, via les marionnettes, au Sénégal. « On a laissé le spectacle à une compagnie de là-bas, qu’ils ont repris en wolof. » Et finit, poussée par son compagnon, par créer le spectacle du « Charmeur de serpent », avec ses marionnettes indiennes, il y a quatre ans. Un spectacle qui est déjà venu à Angoulême il y a deux ans.
« Au tout début du ’’Charmeur de serpent’’, s’est posée la question de la tradition, pointe Aurore Bodin. Je me suis dit : ’’Il faut que je connaisse aussi notre patrimoine à nous.’’ » Voilà comment elle est entrée au théâtre La Maison de Guignol. « Guignol, c’est une très bonne école d’improvisation ! Je me rends compte que ça m’a donné beaucoup de liberté, de passer par le traditionnel.
Angoulême · Balzac · culture et loisirs

- article de l’école de Génicourt en Lorraine : http://ecoledegenicourt.free.fr/

- en mars 2016, on parle de L’Oeil du Cyclope dans Viva à Villeurbanne !

 
 

 
       
 

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